Comparatifs — Gravity vs solutions de sourcing M&A

    Plateformes de dealflow M&A : laquelle pour un cabinet

    Fusacq, Dealsuite, Alvo, Deal Makr comparés sur les critères d'un cabinet M&A : nature du flux, production, NDA, et la ligne flux déclaré / flux créé.

    Plateformes de dealflow M&A : laquelle pour un cabinet
    Florent Jacques 17 juin 2026— maj 22 juin 2026 16 min de lecture
    Sommaire · 10 sections+

    Quatre plateformes structurent le dealflow des cabinets M&A français. Fusacq est la place de marché historique. Dealsuite organise le réseau fermé inter-cabinets. Alvo combine marketplace et suite de production small cap. Deal Makr ajoute l'outillage et l'apport de missions. Au 12 juin 2026, Fusacq affiche à lui seul 4 611 opportunités d'affaires, dont 2 335 recherches de cibles. Toutes partagent un principe : le flux y est déclaré — quelqu'un a publié une intention. C'est leur force et leur limite. Chez Gravity, nous travaillons l'autre versant : créer le flux d'un mandat par l'origination, sur 1,5 million d'entreprises qualifiées. Ce panorama compare les quatre plateformes, puis trace la ligne entre flux déclaré et flux créé.

    L'essentiel

    • Quatre acteurs couvrent le dealflow du cabinet : Fusacq pour les annonces, Dealsuite pour le réseau inter-cabinets, Alvo et Deal Makr pour la production outillée.
    • Le principe commun est le flux déclaré : une opportunité n'y existe que si quelqu'un l'a publiée ou partagée.
    • L'origination travaille l'inverse : créer le flux d'un mandat en approchant des entreprises qui n'ont rien déclaré.
    • Aucune des quatre plateformes n'exécute de campagne d'approche sortante — et aucun agent ne remplace un réseau de confrères.
    • Données vérifiées sur les sites des éditeurs le 12 juin 2026 ; révision de ce comparatif sous six mois.

    Plateformes de dealflow : périmètre et limites du modèle

    Une plateforme de dealflow met en circulation des opportunités M&A : mandats de cession, recherches de cibles, dossiers à partager entre cabinets. Trois mécaniques coexistent. La place de marché publie des annonces, ouvertes à qui les consulte. Le réseau fermé partage des dossiers entre membres vérifiés, sous confidentialité. La suite de production outille le travail du dossier — annonces, documents, NDA, data room — et y ajoute parfois une mise en relation.

    L'économie de chaque mécanique éclaire son usage. La place de marché vend de la visibilité : l'annonceur paie pour être vu. Le réseau fermé vend de la réciprocité : chaque membre paie l'accès aux dossiers des autres. La suite vend du temps : l'abonnement remplace des heures de production documentaire. Trois alignements d'intérêts différents — et trois raisons distinctes d'être déçu si l'on attend d'une mécanique le résultat d'une autre.

    Ce que les trois mécaniques ne font pas : aller chercher une entreprise qui n'a rien publié. Le dirigeant qui n'a déposé aucune annonce y échappe. Le repreneur qui ne s'est inscrit nulle part aussi. L'acquéreur stratégique qui ne se sait pas acquéreur, plus encore. Or la majorité des transmissions small cap se joue précisément là — hors des canaux où l'intention s'affiche.

    Sur une plateforme, l'opportunité existe parce que quelqu'un l'a déclarée. En origination, elle existe parce que quelqu'un est allé la chercher.

    Comment s'organise le marché français du dealflow M&A ?

    Le marché s'est construit en trois vagues. La place de marché d'abord : Fusacq opère depuis le début des années 2000 ; c'est le portail d'annonce M&A le plus ancien encore actif en France. Le réseau fermé ensuite : Dealsuite a importé en France le modèle européen du partage de dossiers entre cabinets membres. La montée du modèle s'explique par le small cap lui-même. Les dossiers sensibles supportent mal l'annonce publique : la confidentialité d'un réseau vérifié rassure le cédant et son conseil. Le réseau a donc capté ce que la place de marché ne pouvait pas porter. Et le volume de transmissions à venir garantit que les deux flux croîtront ensemble : plus d'annonces déclarées, et plus de dossiers exigeant d'aller chercher ce qui ne se déclare pas. La suite de production enfin : Alvo et Deal Makr sont nés dans les années 2020 avec une promesse d'outillage — produire plus vite les livrables d'un dossier, et y adosser une mise en relation. La vague répond à une pression simple. Les livrables d'un mandat coûtent des heures d'analyste, et les dirigeants attendent des délais plus courts qu'avant. L'outillage absorbe une partie de cette pression. Il ne déplace pas la frontière : produire un teaser n'a jamais signé un NDA.

    La donnée du 12 juin 2026 illustre l'échelle du flux déclaré : 4 611 opportunités actives sur Fusacq, dont 2 335 recherches de cibles côté acquéreurs. Le chiffre dit deux choses. Le canal est vivant — des milliers d'intentions s'y affichent. Et il est déséquilibré : les recherches de cibles dominent. Les acquéreurs déclarés excèdent largement les cédants déclarés. Ce déséquilibre est structurel, et il dure. Déclarer une recherche de cible ne coûte rien au repreneur. Déclarer une cession expose le cédant — ses salariés, ses clients, ses concurrents lisent les mêmes annonces. Pour un cabinet sell-side, l'annonce trouve donc des lecteurs ; pour un cabinet buy-side, la cible rare ne s'y trouve pas — elle n'a rien publié.

    Fusacq, Dealsuite, Alvo, Deal Makr : quelle mécanique chacun ?

    Fusacq — la place de marché historique

    Fusacq opère la plus ancienne place de marché M&A française encore active. Le cœur est l'annonce : cessions, recherches de cibles, opportunités de reprise, consultables et publiables. S'y ajoutent un annuaire d'experts et une offre Elite de mise en avant, qui compte quatorze profils au 12 juin 2026. L'usage dominant pour un cabinet est double. Publier capte des contacts entrants. Consulter suit ce qui s'affiche sur un secteur. La limite est celle du modèle : la qualité des contacts dépend de qui répond. Et l'anonymisation des annonces limite la qualification avant le premier échange.

    À qui sert d'abord Fusacq : à l'expert-comptable qui teste le marché pour un client, au repreneur individuel qui construit sa recherche, au cabinet qui veut une présence d'annonces continue. L'ancienneté du service a un effet réel : l'audience est installée, et une annonce y rencontre des lecteurs dès la première semaine.

    Dealsuite — le réseau fermé inter-cabinets

    Dealsuite organise le partage de dossiers entre cabinets membres, à l'échelle européenne. Le principe est la réciprocité. Chaque membre expose ses mandats sell-side et ses recherches buy-side au réseau, sous confidentialité. Un matching par critères rapproche les dossiers. L'usage type est l'élargissement d'un process : exposer un mandat à des acquéreurs que le réseau personnel du cabinet n'atteint pas, y compris hors de France. Le cross-border est d'ailleurs l'argument le plus solide du modèle — un dossier français visible de cabinets européens, sans prospection dédiée. La valeur est la qualité du correspondant : on échange entre professionnels vérifiés, à l'écart des répondants anonymes. La limite est symétrique. Le flux reste celui que les confrères déclarent. Et la couverture dépend de la densité du réseau sur le segment et la géographie du dossier.

    Alvo — la marketplace et la suite small cap

    Alvo combine une marketplace de cession-reprise et une suite de production pour le small cap : annonces, gestion des NDA, data room, workflow du dossier. Le positionnement vise le cabinet et le dirigeant accompagné, avec un parcours outillé de bout en bout côté plateforme. L'usage dominant est la conduite d'un dossier déclaré : publier, qualifier les répondants, gérer les documents au même endroit. La standardisation sert les petits dossiers — ceux où chaque heure de production pèse sur l'économie du mandat. Le dirigeant en self-service accompagné y trouve aussi un cadre, là où le sur-mesure d'un cabinet serait disproportionné. Le modèle rapproche le coût d'un dossier de l'économie réelle du small cap. La limite reste celle du flux entrant — la plateforme traite les intentions qui viennent à elle.

    Deal Makr — l'outillage et l'apport de missions

    Deal Makr est la plateforme la plus proche, fonctionnellement, du travail amont d'un cabinet. L'offre couvre la production de datapacks et de rapports, un module de sourcing d'entreprises et une marketplace. S'y ajoutent des comparables français, une data room et de la formation. S'y ajoute un apport de missions au cabinet. Le modèle est le self-service outillé : le cabinet opère lui-même les modules. C'est la distinction exacte avec un agent — l'outil équipe le travail du cabinet, l'agent exécute le travail pour le cabinet.

    L'apport de missions mérite une lecture attentive, car il inverse la logique. La plateforme apporte la mission au cabinet, qui l'exécute avec les modules. Gravity fait le miroir exact : le cabinet garde sa mission, l'agent en exécute l'amont. Deux réponses au même problème de capacité — par le flux de missions d'un côté, par la délégation d'exécution de l'autre. Les confondre serait rendre un mauvais service aux deux.

    Quatre acteurs, trois mécaniques, un invariant : le flux y est déclaré. Ce qui n'est déclaré nulle part reste à créer.

    Tableau comparatif des plateformes de dealflow

    Critères d'un cabinet M&A small cap. Données vérifiées sur les sites des éditeurs, consultés le 12 juin 2026.

    Critère Fusacq Dealsuite Alvo Deal Makr Gravity
    Mécanique Place de marché Réseau fermé inter-cabinets Marketplace + suite Outillage + apport de missions Agent d'exécution
    Origine du flux Annonces publiées Dossiers des membres Intentions entrantes Modules opérés par le cabinet Flux créé par origination
    Côté couvert Sell-side et buy-side déclarés Sell-side et buy-side entre membres Cession-reprise small cap Sell-side et buy-side outillés Sell-side et buy-side du mandat
    Production documentaire Annonces, data room Datapacks, rapports, comparables Documentation du mandat
    NDA et confidentialité Anonymisation d'annonces Confidentialité de réseau Gestion des NDA Data room NDA signés en campagne
    Approche sortante exécutée Campagne multi-canal 60 jours
    Qui opère Le cabinet consulte et publie Les membres échangent Le cabinet conduit Le cabinet opère les modules L'agent exécute, le cabinet décide
    Modèle Annonces et offre Elite Adhésion réseau Plateforme Plateforme et missions À l'unité, aligné succès

    Une précision d'honnêteté : Gravity n'apporte ni annonces tierces, ni réseau de confrères, ni marketplace. L'agent ne met pas en circulation des opportunités existantes — il en crée pour un mandat donné. Un cabinet qui cherche du flux entrant régulier a besoin d'une plateforme ; un cabinet qui doit exécuter un mandat précis a besoin d'autre chose.

    Flux déclaré ou flux créé : comment articuler les deux ?

    La distinction structure tout choix d'outillage. Le flux déclaré est efficace, peu coûteux et non exclusif. Tout le monde voit les mêmes annonces. Les mêmes dossiers circulent dans les mêmes réseaux. Le flux créé est l'inverse : exclusif, et coûteux en travail. Les cibles approchées pour un mandat n'existent pour personne d'autre. Mais quelqu'un doit exécuter l'approche.

    L'articulation raisonnable des deux, pour un cabinet small cap :

    1. Capter le déclaré. Une présence d'annonces et, selon le segment, une adhésion réseau assurent le flux entrant de base — contacts, dossiers de confrères, visibilité.
    2. Qualifier l'entrant. Chaque contact ou dossier entrant passe trois filtres. La concordance d'abord : le dossier correspond-il au positionnement du cabinet, ou flatte-t-il seulement le volume du pipeline. La vérification ensuite : la contrepartie est-elle réelle, solvable, mandatée — la fiche et l'archive répondent vite. L'exclusivité enfin : combien d'autres cabinets regardent le même dossier au même moment. Un entrant qui échoue aux trois filtres coûte plus qu'il ne rapporte.
    3. Créer le flux du mandat. Quand un mandat exige des contreparties précises, l'origination prend le relais : périmètre qualifié, scoring de concordance, campagne d'approche sur 60 jours, NDA signés. En juin 2026, nous mesurons 15 à 20 % de taux de réponse et 10 à 15 NDA par dossier. Les canaux côté cédant grand public — associations, portails, agences — relèvent d'un autre registre, comparés dans le panorama des canaux de transmission.
    4. Refermer la boucle. Les contreparties créées par l'origination enrichissent le réseau du cabinet — et nourrissent son flux déclaré futur.

    Le coût réel se compte en heures de travail, bien plus qu'en abonnements. Le flux entrant se paie en tri : volume non exclusif, contacts à qualifier, dossiers vus par d'autres. Le flux créé se paie en exécution : périmètre, approches, relances — déléguées ou internes. Le bon arbitrage ne compare pas deux factures. Il compare deux postes de travail.

    Le flux entrant se paie en tri. Le flux créé se paie en exécution. Aucun des deux n'est gratuit.

    Quelle plateforme de dealflow selon le profil du cabinet ?

    Cabinet généraliste régional. L'annonce reste le socle : la visibilité locale capte le contact spontané. Le réseau ajoute du flux confrère quand les dossiers sortent du territoire. Le piège du profil est le tri : un flux généraliste produit beaucoup de contacts hors sujet. Les trois filtres de qualification y rendent le plus — et l'origination se déclenche sur les mandats où le territoire ne suffit plus.

    Boutique sectorielle. Le flux déclaré couvre mal les niches : peu d'annonces pertinentes, réseau inégal sur le segment. L'origination y pèse structurellement plus lourd — les cibles d'une verticale se créent, elles ne s'attendent pas. Le réseau garde un rôle d'appoint : les confrères spécialisés sur la même verticale sont rares, mais précieux quand ils existent.

    Expert-comptable à activité M&A. Le flux vient du portefeuille clients davantage que des plateformes. L'outillage de production — data room, documents — rend service ; le socle documentaire aussi. La plateforme de dealflow vient en second.

    Corporate en croissance externe. Les recherches de cibles publiées attirent les intermédiaires, rarement les cibles elles-mêmes. Le pipeline buy-side se structure en propre, l'annonce en appoint.

    La frontière de l'agent : ni marketplace, ni réseau, ni closing

    La frontière, posée sans détour. Gravity n'opère pas de place de marché : aucune annonce tierce à consulter. Pas de réseau de confrères : l'agent ne met pas deux cabinets en relation. Pas de marketplace : les dirigeants qui veulent publier une intention ont de meilleurs endroits pour le faire. Et la suite du mandat — négociation, structuration, closing — reste intégralement au cabinet. L'agent exécute l'amont d'un mandat donné. C'est un poste de travail, opéré pour le cabinet.

    La conséquence pratique est confortable : aucun conflit d'outillage. Un cabinet membre d'un réseau, présent en annonces et client de l'agent additionne trois flux qui ne se recouvrent pas. Le déclaré arrive ; le créé se déclenche mandat par mandat. La seule erreur serait de financer l'un en croyant acheter l'autre.

    Questions fréquentes sur le dealflow M&A

    Dealsuite est-il adapté à un cabinet M&A français ?

    Oui, si le segment et la géographie du cabinet recoupent la densité du réseau. La valeur est la qualité des correspondants — des cabinets vérifiés — et le matching de dossiers. L'argument cross-border pèse pour les dossiers qui débordent la France. La limite est mécanique : on n'y voit que ce que les membres déclarent.

    Quelles alternatives à Fusacq pour trouver des entreprises à reprendre ?

    Côté annonces, les places de marché généralistes et les bourses institutionnelles publient d'autres flux. Côté réseau, Dealsuite fait circuler des dossiers entre cabinets. Mais l'alternative structurelle est ailleurs : les entreprises à reprendre qui valent le détour n'ont souvent rien publié ; on les atteint par origination, là où l'annonce reste muette.

    Que vaut Deal Makr pour un cabinet de transmission ?

    Deal Makr réunit datapacks, sourcing, comparables, data room et formation en self-service, avec un apport de missions. Le modèle reste le self-service — le cabinet opère les modules lui-même. La question décisive porte sur qui exécutera le travail que l'outil structure.

    Que vaut la marketplace Alvo pour céder ou reprendre une PME ?

    Pour un dossier déclaré, le parcours outillé — annonce, NDA, data room — tient la promesse du tout-en-un small cap. Pour un dossier confidentiel ou une cible qui n'a rien publié, la marketplace ne peut rien : c'est le territoire de l'approche directe.

    Faut-il cumuler plusieurs plateformes ?

    Le cumul se justifie quand les mécaniques diffèrent — une présence d'annonces et un réseau ne se recouvrent pas. Il se justifie mal entre mécaniques identiques : deux places de marché doublent le tri, rarement le flux utile. La règle simple : une mécanique par besoin, et chaque abonnement justifié par les dossiers qu'il a réellement nourris sur douze mois.

    Dealflow entrant ou origination : que prioriser ?

    Les deux ne se choisissent pas l'un contre l'autre. Le flux entrant coûte peu et rapporte du volume non exclusif ; l'origination coûte du travail et rapporte des contreparties exclusives. Un cabinet sain capte le premier et déclenche la seconde mandat par mandat. Le ratio sain s'évalue en mandats signés, au-delà du simple volume de contacts reçus.

    Sources

    • fusacq.com — opportunités d'affaires et offre Elite, relevé du 12 juin 2026 (4 611 opportunités, 2 335 recherches de cibles, 14 profils Elite).
    • dealsuite.com, alvo.market, dealmakr.fr — offres et fonctionnalités, consultés le 12 juin 2026.

    L'empilement raisonnable, pour finir. Une présence d'annonces assure le socle de visibilité. Un réseau s'ajoute si le segment et la géographie du cabinet recoupent sa densité. L'outillage de production se justifie au volume de dossiers. Et l'origination se déclenche mandat par mandat — quand les contreparties qui comptent n'ont rien déclaré nulle part.

    Pour situer votre dispositif de dealflow : diagnostic de 45 minutes avec un fondateur, ou Gravity Scan — 50 acquéreurs scorés en une heure sur une cible réelle.

    Comparatif mis à jour le 12 juin 2026. Prochaine révision des données éditeurs sous six mois.